Franck Biancarelli

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Auto-portrait de Franck Biancarelli

Quelle image vous a marquée ou vous a influencée ?

Je suis toujours plus marqué par des images qui me donnent la sensation d’être possibles. Donc certes, comme beaucoup, j’ai été marqué très jeune par certaines images de Wrightson mais au bout du compte , beaucoup plus par certaines de Ditko et bien sûr d’ Alex Toth (ma marotte).

Que comptez vous faire pour GRYYYM ?

J’ai produit par le passé des images assez dures mais pour l’ instant, jusqu’à quand je ne sais pas, je très très intéressé par produire des images qui chacune prise à part pourrait être qualifiée de tout à fait charmante mais qui dans la narration provoque un sentiment de malaise. Donc l’ objectif est là : Produire une forme de beauté, de normalité, de poésie, d’ élégance pourquoi pas mais qui au bout du compte laisse un arrière goût étrange.

Pouvez vous nous présenter une image de vos travaux antérieurs ?

Ce qui m’intéresse, plus que d’exprimer un point de vue très fort, c’est de faire un pas sur le côté. Comme un petit dysfonctionnement. Ici par exemple j’ aime bien cette image car il me semble (j’ espère avoir raison) que le point de vue dramatisé qu’elle produit est assez rarement vu. On est à la fois en plongée à l’ abris de la bataille, mais à la fois trop près pour en prendre vraiment la mesure et on n’ en voit que des fragments. Il me semble donc que le point de vue et ce qui est montré se contredisent et provoquent une forme de confusion ce qui est mon objectif car je pense que l’état de confusion est celui de ce genre de bataille au corps à corps. (Pourvu que ce soit au moins un peu vrai sinon toute cette explication est parfaitement ridicule, ha ha).

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L’interview du Parrain: Pat Mills

Pat Mills bien après la date d’expiration, ramené d’entre les morts par Grégory Maklès

Petit préalable : je ne ferais probablement pas de BD sans Pat Mills. Pour moi, son approche a toujours été « the way do it ». Divertissante mais profonde, une narration ouvrant à la fois sur des dialogues forts et des visuels percutants, méchant mais empathique, j’ai été attiré vers Mills dès que quelqu’un a amené un juge Dredd (qu’il a créé avec John Wagner) dans mon collège. Des années plus tard, lorsque j’ai été époustouflé comme beaucoup par les superbes éditions Zenda de Slaine and Marshall Law, je n’ai pas réalisé immédiatement que ce nectar là venait de la même fontaine. Mais j’avais soif!

C’est aussi un grand auteur international qui a toujours voulu être publié en France et l’a fait avec rien moins qu’Oliver Ledroit. A ce jour, ils ont produit 10 albums ensemble, des sorcières de Sha aux vampires infernaux de Requiem

En outre Pat Mills n’était pas seulement célébré pour ces oeuvres ou le merveilleux Charlie’s War. Il a également créé de nombreux magazines de bande dessinée, y compris le très cultes 2000 AD ou il a participé à la genèse de Judge Dredd avec John Wagner. Nommez n’importe quel artiste ou écrivain anglais qui a de l’importance dans les bandes dessinées (et il y en a beaucoup !), ils y sont presque certainement passé…

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2000 AD, Slaine, Dredd, tous créés ou co-créés Pat Mills

Alors imaginez notre joie quand Pat a accepté de faire partie de Gryyym… Non seulement il a apporté une merveilleuse histoire de science-fiction sombre illustrée par l’incroyable Fay Dalton, mais il a aussi eu une histoire thématiquement parfaite pour nous autour du personnage « Shlock » : des fables sinistres à la recherche du bon artiste, qui sera… un quelqu’un d’exceptionnel. Vous serez étonnés.

Tout cela, bien sûr, inédit en France (ou partout).

Nous avons demandé à Pat Mills d’être nos sponsor, car bâtir sur l’héritage de 2000 AD signifie beaucoup pour Gryyym. Voici une longue interview où il nous donne son point de vue unique d’une carrière longue et dense qui s’est répandue au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en France comme nulle autre sur la bande dessinée et son évolution.

Bonjour Pat, et merci pour votre parrainage !
Vous avez peut-être lancé plus de magazine de BD britannique que n’importe qui de vivant ou de mort, et maintenant vous aidez les « froggies » que nous sommes à lancer Gryyym, un mook crowdfundé à partir du 28 mars 2019 sur kisskissbankbank. De Battle Weekly (1975) à 2000 AD (1977) en passant par Toxic (1991) et bien d’autres et maintenant Gryyym, comment voyez-vous l’évolution de la création de publication de bande dessinée de genre ?

Il y avait plusieurs façon de faire. En Grande-Bretagne l’une de celles-ci était de produire des bandes dessinées pour adultes – comme Revolver et Crisis. On pouvait aussi rendre 2000AD plus adulte. En fin de compte, en Grande-Bretagne, cette approche fut un echec qui a aliéné de nombreux jeunes lecteurs. C’est arrivé en large part par l’arrogance, le snobisme et le mépris des professionnels pour ces derniers. Et ceux-ci ont réagi en quittant les bandes dessinées. Aujourd’hui, les BD britanniques survivent à peine.

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ABC Warriors, Simon Bisley’s iconic debut with Pat Mills

Une deuxième voie pourrait consister à attirer des lecteurs plus jeunes en Grande-Bretagne tout en conservant une certaine sophistication. Valerian est par exemple le genre de série qui – convenablement « anglicisée  » – plairait aux lecteurs de tous âges en Grande-Bretagne. Aujourd’hui, en Grande-Bretagne, personne n’est intéressé à produire des bandes dessinées pour enfants. C’est très dommage.

En France, tout cela est différent car vous avez une industrie de la bande dessinée plus saine. Et Gryyym semble être un pas en avant très vivace pour promouvoir de nouveaux talents

D’ailleurs, l’influence française sur la science-fiction et la bande dessinée n’a jamais été suffisamment comprise ou valorisée à mon avis. Je l’ai certainement reconnue en l’an 2000, mais je doute que beaucoup de gens soient conscients de son influence sur Star Wars, Alien, Blade Runner, etc. Donc un « comic » français comme Gryyym obtient immédiatement mon vote !


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Marshal Law, avec Kevin O’Neill. Pas forcément un modèle pour la jeunesse.

Vous avez connu diverses résistances et censures par rapport à ce que vous avez décrit comme un établissement conservateur. Selon vous, comment les restrictions imposées aux auteurs ont-elles évolué au cours de votre carrière ?

La censure n’est pas si forte ces jours-ci. Par contre il y a un manque d’intérêt pour la politique, les thèmes historiques et sociaux, en tous cas en Grande-Bretagne. La plupart des gens aimeraient qu’on s’en tiennent aux trucs habituels – donc pas beaucoup de progrès là-bas. Les plus gros problèmes se situent ailleurs.

C’est à dire ?

Les deux grands problèmes qui ont presque détruit les bandes dessinées britanniques sont les suivants.

Premièrement, les droits d’auteur dans l’édition britannique sont une honte. Fondamentalement, tous les grands éditeurs britanniques achètent tous les droits et les redevances sont soit inexistantes, soit très faibles. C’est peut-être difficile à comprendre pour vous en France – après tout, votre pays de ce que je comprends a été le tout premier à créer des lois sur le copyright pour protéger les créateurs. En Grande-Bretagne, ils ont un système misérable dans lequel les éditeurs possèdent toutes les œuvres des créateurs. Cela signifie que beaucoup de créateurs se fichent de leur travail et utilisent la Grande-Bretagne comme tremplin pour travailler pour l’Amérique – où il y a un meilleur potentiel économique, même si, dans la pratique, c’est souvent à peine mieux que la Grande-Bretagne. Ou ils considèrent le travail dans la bande dessinée comme un passe-temps et n’abandonnent pas leur travail « régulier ». Quoi qu’il en soit, l’absence de droits a entraîné une perte de talents. Nous sommes donc toujours à l’âge de pierre en Grande-Bretagne, j’en ai bien peur… Peu de nouveaux talents comme Bolland, Bisley, Fabry et O’Neill se sont présentés au cours de la dernière décennie.
Il y avait une exception notable – Fay Dalton que j’ai immédiatement reconnue comme étant une Grande! Et pourtant pourrais-je avoir son travail publié 2000 AD ? Quand il gèlera en enfer, apparemment ! Pas d’explication, donc je dois supposer que c’est parce qu’elle est trop classique et trop sexy pour l’Angleterre. Sa perte ici est au final dans l’intérêt de la France, alors que vous allez publier l’une de ses histoires. Elle travaille actuellement sur Casino Royale pour la succession de Ian Fleming. Elle est probablement maintenant trop chère pour les comics !

C’est ainsi que la Grande-Bretagne néglige ses nouveaux talents.

Deuxièmement, nous avons aussi une forte dose de snobisme intellectuel. Bien que peu de professionnels l’admettent, ils n’aiment pas travailler pour les enfants. Ils rêvent de romans graphiques qui, dans la pratique, se vendent généralement à peu d’exemplaires, mais qui peuvent recevoir une bonne reconnaissance lors des conventions. Ainsi, les enfants, sur lesquels l’industrie britannique de la bande dessinée était basée, sont négligés pour aller jouer à des jeux vidéo à la place.

En France, c’est différent – vous avez une industrie de la bande dessinée en bonne santé et vous pouvez soutenir des livres avec un certain snobisme intellectuel ou un certain cinéma d’art et d’essai ou peu importe comment vous l’appelez en France. En Grande-Bretagne, nous n’avons pas ce luxe.

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Requiem, avec Olivier Ledroit. Basé sur des personnages réels. Devinez qui!

Vos histoires utilisent généralement le cadre léger d’un genre populaire imbriqué avec un angle politique sous-jacent. Les implications sociétales en Science Fiction sont souvent faciles à saisir ; dans l’horreur, elles peuvent être plus subtiles. Comment aimez-vous utiliser ce genre lorsque vous écrivez ?

L’horreur et la SF peuvent toutes deux faire valoir des arguments politiques forts. Par exemple, l’histoire d’horreur Schlock Pioneer 13 – que je sais que vous comptez publier – porte sur le placement de produit au cinéma et à la télévision. Je crois qu’à Hollywood, c’est pire et même que certains des films de Marvel sont financés par la CIA.

Comment celà?

Je crois que la CIA a soutenu le film Hulk. C’était certainement une agence du gouvernement américain (note: voir cet article sur le sujet). Presque tous les personnages de fiction britanniques – Sherlock Holmes, James Bond, Le Mouron rouge, etc – sont issus des classes supérieures. Au cas où vous vous demandez qui est Le Mouron rouge… C’était un personnage très populaire dans les films et livres britanniques jusqu’aux années 1980. C’est Sir Percy Blakeney qui a sauvé ces pauvres aristocrates français  » innocents  » de la guillotine, devançant constamment le méchant agent secret Chauvelin de la république française qui n’était tout simplement pas assez intelligent pour l’aristocratie britannique. Comme vous pouvez sans doute le deviner, ma sympathie va à Chauvelin. Il aurait dû attraper Sir Percy et le présenter à Madame Guillotine!

Tous mes héros sont de la classe ouvrière et il y en a que vous ne connaissez pas comme Defoe qui est un niveleur britannique du 17ème siècle (socialiste/communiste précoce) qui combat des zombies, etc.

C’est embarrassant comme en Grande-Bretagne, on lèche le cul des classes supérieures. Il nous faut plus de personnages comme Fantomas pour y faire face ! Je comprends pourquoi il était populaire en France, bien que nous soyons si obéissants à l’autorité en Grande-Bretagne que je suppose que ça ne marcherait pas ici.

Vous nous avez donné pas mal de bandes dessinées marquantes mélangeant le divertissement terriblement cruel et les sujets adultes. Marshall Law est une critique au vitriol de la façon dont le Show Biz, la politique, la science et l’armée travaillent ensemble d’une manière qui rappelle explicitement les États-Unis de l’après-Vietnam. Slaine est une démolition en profondeur du machisme, déroulant a un discours très en avance sur la société qui continue de trotter derrière. ABC Warriors se rit de la façon dont toutes les guerres sont inutiles, etc. Quel sont, selon vous, les sujets brûlant à traiter en 2019 ?

Probablement ce que je fais dans mes romans Read Em et Weep qui traitent du monde de la bande dessinée. Là, je me concentre sur les enfants qui se vengent des agresseurs sexuels. En particulier un personnage de fiction inspiré par l’infâme Jimmy Savile, une célébrité de la télévision.
Et un autre roman-texte sur un assassin pendant la Première Guerre mondiale – détaillant le commerce avec l’ennemi pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi, la France fournissait à l’Allemagne des explosifs et des ingrédients pour le gaz toxique. Et l’Allemagne fournissait à la France de l’acier, du fil barbelé, etc. Le tout via la Suisse. C’est un mensonge qui se répète aujourd’hui avec les guerres modernes.

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The Cursed Earth, avec Brian Bolland, l’un des arcs emblamétiques de Judge Dredd


Charlie est votre héros positif, mais en général, vos histoires sont plutôt du genre « les salauds entre eux », genre que j’aime beaucoup personnellement. Ce cadre pour une histoire a également fonctionné à merveille dans des films comme Le Bon, La Brute, Le Truand. Qu’est-ce que vous aimez chez ce genre de protagoniste ?

Les bons dans les films, les bandes dessinées et les livres peuvent être ennuyeux. Nous voulons toujours que nos personnages soient imparfaits d’une façon ou d’une autre. Charley avait des failles parce qu’il n’était pas très intelligent et qu’il croyait donc à la propagande de la Première Guerre mondiale.


Charlie est un type bien, cependant. Alors que vos autres héros, c’est beaucoup moins clair…

Probablement parce que nous sommes tellement cyniques dans les BD britanniques. Dans les romans, il y en a plein. Dans les bandes dessinées féminines, il y avait de nombreuses héroïnes positives. En Grande-Bretagne, les filles vendaient deux fois plus de BD que les hommes. Mais c’est un monde d’hommes dans la bande dessinée et peu de professionnels (à part moi) étaient intéressés. Ils sont en train de profiter lentement d’une petite renaissance.

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Charley’s War avec Scott Goodall. La véritable horreur…


Dans une autre interview, vous avez mentionné comment vous pensiez qu’une limitation du personnage du juge Dredd en regard du potentiel succès des adaptations cinématographiques était sa nature fondamentalement fasciste. En effet, Dredd remplit un modèle de nombreux héros « Millsiens » avec une composante fasciste ou terroriste explicite (Marshal Law, presque tous les guerriers ABC, Bill Savage, Requiem…). Qu’est-ce qui vous pousse à ce mélange d’attaques contre des cibles typiquement révolutionnaires (les bellicistes, les riches et les puissants…) à travers des protagonistes qui n’ont jamais peur de juger et d’exécuter en une seule balle ?

C’est la façon la plus efficace sur le plan commercial de faire les choses. Ca accroche rapidement avec un public. Dans une bande dessinée hebdomadaire, nous n’avons que six pages par histoire pour avoir un impact, donc il faut faire vite ! Nous n’avons pas le luxe d’un album de 48 pages. Et notre public veut un résultat rapide.

Alors nous avons constaté que plus le personnage est extrême, plus les lecteurs l’aiment. D’où Dredd. Mais on l’a déformé pour qu’il y ait un sous-texte radical. A cet égard, nous avons probablement été influencés par les BD françaises et américaines comme 1984.


Merci Pat, et pour nos lecteurs, soutenez nous à partir du 14 mars pour découvrir les histoires formidables que Pat a préparées pour Gryyym !


Reaper Buddy avec Fay Dalton… à découvrir bientôt dans Gryyym!

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/gryyym

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L’équipe Gryyym : Gabriel Delmas

Gabriel Delmas, autoportrait en vampire.

Peux-tu te présenter?

Gabriel Delmas, artiste peintre et illustrateur . Je suis l’auteur d’un certain nombre d’albums de bande dessinées (Le Psychopompe, Vampyr, Le Mouton-chien manchot, Vorax…) et de graphzines underground ayant souvent des thèmes occultes ou le fantastique sombre. Certains sont disponibles aujourd’hui chez Hollow Press comme « Largemouths », « Fobo » ou « Plutonium ». Une exposition de mes travaux à eu lieu à Bologne en Italie en décembre 2016 autour d’un album format géant « Xuwwuu » édité chez Hollow Press, et en aout 2018 à Rodez reprenant des dessins disponibles dans le recueil « Riggel Bum ».

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Vampyr

Que fais-tu dans Gryyym ?

Dans Gryyym, je vais faire la maquette et la charte graphique du mook, un édito et quelques choses dessinées obscures. Tout dépendra de ce qu’il sera possible de faire mais plus on aura de liberté et de place et plus Gryyym sera étonnant.

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Moloch Jupiter Superstar, avec Patrick Pion.

Et pourquoi Gryyym?

Je fais Gryyym pour tenter l’experience, la vie est courte et il n’y a pas de parties possibles après le Game Over. L’idée c’est de retrouver une bande dessinée fantastique et d’horreur, avec ce plaisir visuel et d’esprit qu’il y avait dans les creepy et metal hurlant. Une liberté de ton, quelque chose entre l’underground et des choses plus classiques, mélangées, sans snobisme.

Seigneur Venin

Quelle est ta BD d’horreur préférée?

Ma BD d’horreur préférée est Cidopey de Corben. La mise en couleur et le dessin en font pour moi une oeuvre d’art. Ces planches devraient être dans un Musée d’art moderne.

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Interview with Pat Mills, Gryyym’s first sponsor!

Portrait of Pat Mills way past his death and rise again from the deads by Gregory Makles

Personal disclaimer: I probably wouldn’t be doing comic if it were not for Pat Mills. To me, his way always felt “the” right way. Entertaining but deep, a way of telling stories that allowed both for great dialogs and impactful art, nasty but empathic, I was drafted toward Mills as soon as someone brought a Judge Dredd (which he co-created with John Wagner) in my school. Years later when my mind was blown away by the great Zenda books of Slaine and Marshall Law, I didn’t realize the nectar was coming from the same fountain. But I was left with an endless thirst for more.

He also is a major international author who always wanted to be published in France and achieved it with no one else but Oliver Ledroit. To this days they produced 10 albums together, from the witches of Sha to the Hellish

Pat Mills is not only the celebrated author of those or the wonderful Charlie’s War. He also created many comic magazines, including the absolutely iconic 2000 AD. Name any English artist or writers who matter in comic books (and there’s a lot), they’ve nearly certainly published in it.

So imagine our joy when Pat accepted to be a big part of Gryyym. Not only did he bring a wonderful dark science fiction story illustrated by the amazing Fay Dalton, he also had a perfectly themed series of Shlock grim fables in need of the right artist, which will be… surprise! All of this of course previously unpublished in France (or at all).

We’ve asked Pat Mills to be our sponsors as building on the legacy of 2000 AD means a lot to us. Here’s an extensive interview where he gives us his unique perspective of a long, busy carrier spread in UK, USA and France like no other on comics and where they’re headed.

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2000 AD, Slaine, Dredd, all created or co created by Pat Mills

Hello Pat, and thank you for your sponsor! You may have launched more UK comics magazine than any other person, living or not, and now here you are helping us Froggies to launch Gryyym, a crowd-funded mook, debuting on March 28th, 2019 on kisskissbankbank. From Battle Weekly (1975) to 2000 AD (1977) to Toxic (1991) and many others and now Gryyym, how do you see the evolution of how one creates a thematic comic publication from your debut to the here and now?

There are several routes.  One route in Britain was to produce comics for adults – like Revolver and Crisis. Or to make 2000AD more adult. Ultimately in Britain this was a cul de sac which alienated many younger readers. It was often motivated by professionals’ arrogance, snobbery and disdain for younger readers.  Younger readers reacted by leaving comics. So today, British comics barely survive.

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ABC Warriors, Simon Bisley’s iconic debut with Pat Mills

A second route is to attract younger readers in Britain whilst retaining a certain sophistication. Thus Valerian is the kind of series that – suitably ‘Anglicised’ – would appeal to readers of all ages in Britain. Today, in Britain, no one is interested in producing comics for kids. It’s a great pity.

In France, all this is different as you have a healthier comic industry. But Gryyym seems like a very healthy step forward to promote new talent

By the way the French influence on science fiction and comics has never been understood or valued enough in my opinion. I certainly acknowledged it on 2000AD, but I doubt that many people are aware of its influence on Star Wars, Alien, Blade Runner etc. So a French comic like Gryyym immediately gets my vote!


You’ve experienced various resistance and censorship from what you described as the conservative establishment. How do you feel these restrictions have evolved during your career?

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Marshal Law, with Kevin O’Neill. Not everyone’s role model.

Censorship isn’t too bad now. But there is a lack of interest in politics, historical and social themes certainly in Britain. Most people would prefer the same old stuff – so not a lot of progress there. The biggest issues lie elsewhere.

Such as ?

The two big problems which have almost destroyed British comics are as follows:

  • First,  rights in British publishing are a disgrace. Basically all British mainstream publisher buy all rights and royalties are either non existent or very low.  This may be hard for you to understand in France – after all, your country, I understand, was first in creating copyright laws to protect creators. In Britain they have a wretched system where publishers own all the creators’ work.  This means many creators don’t give a shit about their work and just use Britain as a stepping stone to work for America – where there is the potential for better money, although, in practise it’s often little better than Britain. Or they treat working in comics as a hobby and don’t give up their day job.  Either way the lack of rights has resulted in a loss of talent. So we’re still in the Stone Age in Britain, I’m afraid. Few new talents like Bolland, Bisley, Fabry and O’Neill have come forward in the last decade or so.
    There was one notable exception – Fay Dalton who I instantly recognised was first division. Could I get her work on 2000AD? Could I Hell! No explanation, so I have to assume it’s because she’s too classic and too sexy for Britain. Her loss in France’s gain as you’re running one of her stories. And she is now doing work on Casino Royale for Ian Fleming estate. She’s probably now too expensive for comics!  
    This is how Britain neglects its new talent.

  • second we also have a hefty dose of intellectual snobbery. Although few professionals will admit it, they don’t like working for kids. They dream of graphic novels which usually, in practise, sell few copies but may receive good acknowledgement at conventions. So kids, on which the British comic industry was based, are neglected go off to play computer games instead.

In France it’s different – you have a healthy comic industry so you can support books with a certain intellectual snobbery or arthouse or whatever you may call it in France. In Britain we don’t have that luxury.

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Requiem, with Olivier Ledroit. Based on real characters. Guess who!

Your stories typically use the light framework of popular genre intricated with a deep political layer. SF societal implications are often easy to grasp; in horror, it can be more subtle. What do you like to use that kind of vehicle for when you’re writing?

Both horror and SF can make strong political points. For instance the horror story Schlock Pioneer 13 – which I know you’re hoping to run – is about product placement in film and tv. I believe in Hollywood it’s actually worse and some of the Marvel films are funded by CIA.

How so?

I believe CIA supported Hulk movie. Certainly it was a US government agency.  Nearly all Britain’s fictional characters – Sherlock Holmes, James Bond, Scarlet Pimpernel  etc – derive from the upper classes. In case you’re wondering who the Scarlet Pimpernel is… He was a character who was VERY popular in British films and books until the 1980s. He was Sir Percy Blakeney who rescued those poor, ‘innocent’ French aristocrats from the guillotine, constantly outwitting the villainous secret agent Chauvelin from the French republic who just wasn’t clever enough for the British aristocracy. As you can doubtless guess, my sympathy is with Chauvelin. He should have caught Sir Percy and introduced him to Madame Guillotine.

All my heroes are working class and there are some you won’t know of like Defoe who is a 17th century British Leveller (early socialist/communist) who fights zombies etc.

It’s embarrassing how in Britain we kiss the ass of the upper classes. We need more characters like Fantomas to deal with them!  I can see why he was popular in France although we are so obedient of authority in Britain I guess it wouldn’t work here.

You gave us quite a few landmarks comics mixing terrific nasty fun yet packed with adult life topics. Marshall Law hits hard the way the Show Biz, Politics, Science and Military work together in a way that’s explicitly reminiscent of post-Vietnam USA. Slaine is an in-depth demolition of machismo that has a striking precursor quality to how society evolved since. ABC Warriors is a mockery of how all wars are pointless, etc. What do you see as the key thing to speak about for you in 2019?

Probably in my text novels Read Em and Weep which are about the world of comics. There I focus on kids revenging themselves on sexual abusers. In particular a fictional character inspired by the infamous tv celebrity Jimmy Savile. And a further text novel about an assassin in World War One – detailing trading with the enemy during World War One. Thus France was supplying explosives and ingredients for poison gas to Germany. And Germany was supplying France with steel, barbed wire etc. All via Switzerland.  It’s all a lie which is repeated today with modern wars.

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The Cursed Earth, with Brian Bolland, one of Judge Dredd landmark stories.


Charlie is your positive hero, but typically your stories are more of the « band of bastards » type, which I personally dig a lot. That framework for a story has also worked wonderfully in movies like The Good, The Bad, The Ugly. What do you like about this kind of protagonist?

Good guys in films, comics and books can be boring. We always want our characters to be flawed in some way.  Charlie was flawed by not being very intelligent and thus believing in the propaganda of World War One.

Charlie is a good guy though. Most of your other characters, not so much…

Probably because we are so cynical in British comics.  In text novels there are plenty. In girls comics there were numerous positive heroines. In Britain girls comics outsold male comics by two to one.  But it’s a male world in comics and few professionals (apart from me) were interested. They’re now slowly enjoying a small revival.

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Charley’s War with Scott Goodall. True horror.


In another interview you mentioned how you felt the fact that Judge Dredd character was limited interms of successful movie adaptation because of its core fascist nature. Indeed Dredd fulfills a pattern of many “Millsians” heroes with an explicit fascist or terrorist component (Marshal Law, nearly all ABC warriors, Bill Savage, Requiem…). What drives you to that mix of attacking what are typically progressive target (warmongers, the rich and the wealthy…) through protagonists who are never shy of judging and executing with a single bullet?

It’s the most commercially successful way of doing things. It connects quickly with an audience. In a weekly comic we only have six pages per story to make an impact, so we have to move fast!  We don’t have the luxury of a 48 page album. And our audience wants a quick result.

We found that the more extreme the character, the better the readers liked it. Hence Dredd.  But we twisted it around so it had a radical sub-text. In that respect we were probably influenced by the French and American comics like 1984.


Thank you Pat, and for our readers, stay tuned for the terrific stories Pat has cooked up for Gryyym!


Reaper Buddy with Fay Dalton… read it soon in Gryyym!

https://www.kisskissbankbank.com/en/projects/gryyym

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Meet the Crew: Gabriel Delmas

Gabriel Delmas, self portrait as a Vampire

Hey you, who are you?

Gabriel Delmas, painter and illustrator. I authored a number of comic books (Le Psychopompe, Vampyr, Le Mouton-chien Manchot, Vorax…) and underground graphzines often with occult themes or dark fantasy. Some are now available from Hollow Press like « Largemouths », « Fobo » or « Plutonium ». An exhibition of my work took place in Bologna, Italy in December 2016 around a giant format album « Xuwwuu » published by Hollow Press, and in August 2018 in Rodez using drawings available in the collection « Riggel Bum ».

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Vampyr

Andwhat do you do in Gryyym?

In Gryyym, I’ll make do the graphic design of the mook, an editorial and some obscure drawn thingies. Everything will depend on what can be done, but the more freedom and space we have, the more amazing Gryyym will be.

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Moloch Jupiter Superstar, with Patrick Pion.

Why so Gryyym?

I do Gryyym to live the experience, life is short and there are no extra moves to be done after the « Game Over ». The idea is to find a fantastic and horrific comic strip, with the visual and witty pleasure from Creepy and Heavy Metal magazines. Freedom of tone, a mix of underground and more classical styles, side to side, without snobbery.

Seigneur Venin

Ta BD d’horreur préférée?

My favorite horror comic is Cidopey de Corben. The colouring and drawing make it a work of art for me. These pages should be in a Museum of Modern Art.

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L’équipe Gryyym: Grégory Makles

Gregory Makles, autoportrait après un régime réussi.

Peux-tu te présenter?

Gregory Makles. Je suis surtout connu pour mon travail avec Paul Jorion sur La Survie de l’Espèce, un roman graphique sur la finance qui se moque aigrement de notre propre espèce (ouvrage cours d’adaptation pour une série en stop motion ces jours-ci). J’ai aussi fait rire pas mal de gens avec ma bande dessinée à la South Park sur ma vie de personnage de World of Warcraft dans « Aventures de Stevostin ». Avant tout cela, j’ai écrit pas mal d’histoires fantastiques pour Robin Recht (Le Dernier Rituel) et Joseph Lacroix (l’Encyclopédie du Mal), dont Ruppert que j’ai également dessiné. Dans une autre vie, je suis co-fondateur d’Ohm Force, une petite société culte de logiciels audio avec des utilisateurs très connus.

Que fais-tu dans Gryyym ?

Au début, j’ai juste dit à une bande d’amis qu’ils devraient peut-être envisager de « crowdfunder » leur projet de bande dessinée d’horreur en 2019. J’ai tout de suite été recruté de force en tant que « gars pour le web » et commet auteur. C’est qu’ils me connaissent depuis notre école d’art (ENSAD) où mon vrai rêve s’exprimait dans mon amour profond pour les bandes dessinées britanniques (Bisley, Mc Kean, Hewlett…). Ils étaient donc conscients que j’avais besoin d’un tout petit coup de pouce pour remettre les gants et faire quelque chose de vraiment noir.

Et pourquoi Gryyym?

Il s’agit tout simplement de faire le genre de bande dessinée dont j’ai envie. De la bd de genre, populaire, avec un dévouement total à la cause, c’est l’art qui me parle. Etre amusant, mais profond, spectaculaire, mais en ayant toujours une raison, sans dire aux gens ce qu’ils doivent penser, mais en pensant soi-même. Pat Mills, qui est notre parrain et, de loin, mon scenariste de bandes dessinées préféré, l’incarne parfaitement.

Ta BD d’horreur préférée?

Probablement quelques partie du Cages de Dave Mc Kean qui font peur à la façon de David Lynch au cinéma. Maintenant, si nous parlons de mon premier et plus grand frisson en bd d’horreurs, c’est quand, adolescent, un ami a amené le juge Dredd de Bolland, avec les juges morts, au collège. Les visuels sinistre en noir et blanc, les personnages, j’étais complètement fasciné.

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Meet the Crew: Gregory Makles

Gregory Makles, Self Portrait after a highly successful diet.

Hey you, who are you?

Gregory Makles. I am mostly known for my work with Paul Jorion on La Survie de l’Espèce, a graphic novel on finance that laugh wickedly at our own species (that’s being adapted as a stop motion tv show). I have also made quite a few people laugh quite a lot (or so they say) on my South Park style comic on my life as a World of Warcraft character in Aventures de Stevostin. Before all that I wrote quite a few mostly serious fantasy stories for Robin Recht (Le Dernier Rituel) and Joseph Lacroix (l’Encyclopédie du Mal), including Ruppert which I also drew. In another life, I am co-founder of Ohm Force, a small but somehow cult audio software company with very famous users.

Hey you, what do you do?

Initially I just told a bunch of friends that maybe they should consider crowdfunding in 2019 for an horror comic project. I then got drafted as the « web campaign guy » as well as an author. They know me from our art school days (ENSAD) where my real dream were grounded in my deep love for UK awesome comics (Bisley, Mc Kean, Hewlett, you know the bunch) so they were aware I needed little push to put back the gloves on and do something really dark.

And why so Gryyym?

Quite simply, it’s about doing the kind of comic I crave. Genre, popular comics with total dedication is were the real art is for me. Be fun, but be deep, be spectacular, but always have a reason, don’t tell people what to think, but do think yourself. Pat Mills, who’s our sponsor and hands down my favorite comic writer, embodies that perfectly.

Your favorite horror comic?

Probably some bits of Dave Mc Kean’s Cages that are scary the way David Lynch can be in theaters. Now if we’re speaking about my first, biggest hunch on horrors, it was when as a young teen a friend brought Bolland’s Judge Dredd, with the dead judges, at school. The black and white art, the characters, I was completely fascinated.

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Meet the crew: Joseph Lacroix

Joseph Lacroix, self-portrait as undead.

Hey you, who are you?

I am « Diablo 3, Sword of justice » with Aaron Williams,
the « Encyclopédie du mal » with Grégory Maklès, « Pythons » with Gabriel Delmas, « Fébus » with Catmalou, part of the « book of Tyrael » and other from Diablo and World of Warcraft lore… and hundreds of drawings piling up in search of freedom!

Hey you, what do you do?

I’m bouncing between Gabriel, Greg and Jérôme. I fight my shyness by finding and trying to convince artists from all walks of life to come and join us. I’m tinkering with the com. And I also draw the Grenouillard. It’s a wild comic that will be part of the dark fantasy contingent in GRYYYYM.

And why so Gryyym?

My drive in « GRYYYYM » is to create some space for free expression and experimentation.

It has become extremely difficult to publish comics in France. As a result, we spend a lot of time anxiously building custom proposals… thousands of pages that disappear into the limbo of correspondence between authors and publishers.

I want the opposite approach in GRYYYYM: drawing with your guts, being bold. Strong characters, exuberant universes, sharp stories. No fuss, no yada yada. Drawing that hits hard, stories that shake things up.
Then we let the readers decide

Your favorite horror comic?

If I have to choose only one: « Jenifer » by Bernie Wrightson. Everything is there: virtuosity in the service of the story and proof that in a few pages you can provoke real emotions. I also have a graphic passion for Alex Toth’s « Grave undertaking » which I have been tracking for many months. And « Sanctum » by Mike Mignola, because Mignola.

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Meet the Crew: Jérome Martineau

Portrait of Jerome as a not-quite-dead-yet publisher by Joseph Lacroix

Hey you, who are you?

I like stories and books.

As a kid, I went from Strange and Yoko Tsuno to L’Incal and Dark Knight and since then I’ve never stopped. I don’t remember a day without comics.
Every week, I kept putting stuffing my face full of comics. I like the episodes lining up into stories month after month like colonies of ants walking along my brain’s alleys. A continuous infusion, a semiotic fluid in which I am immersed, spiced with some epiphanies: V for Vendetta, Ikkyu, Den.
As in comics, literature or music, I love everything, everywhere, genre, style, form, an eclectic intoxication: Otis Spann, Alan Moore, Albert Camus, Jeff Noon, Pavement, Taiji Matsumoto, Colin Stetson, Ernesto Sabato, Bruce Springsteen, Warren Ellis, Jason, Lovecraft, William Blake, Edward Austin Abbey, Mignola, The Cure, Jordi Bernet, Corben, Joy Division, Jaime Hernandez, Darwin Cooke, Sonic Youth, Richard Wagner, Richard Strauss, Ales Kot, Dostoïevski, Mazzucchelli, Sienkiewicz, Bisley, McKean, Ian Banks, Thomas Pynchon, Poe, David Mitchell, Moorcock, Rick Rememder, Chris Ware, John Burnside, Silas Hogan, Charles Burns, Hannu Rajaniemi, Kafka, Otomo, Moebius, Giraud, Leonard Cohen, Pratt, Tardi, Sonny Boy Williamson, Damazio, Jean-Philippe Jaworski, Bill Watterson, Thelonius Monk, The White Stripes, Pulp, Bruno Schultz, Led Zeppelin, Scarlatti, Constantin Cavafis…
It’s exhilarating. An endless list that’s always changing and that I can make over and over again.


As a kid, I went from Strange and Yoko Tsuno to L’Incal and Dark Knight and since then I’ve never stopped. I don’t remember a day without comics.
Every week, I kept putting my stack of comics in the oven. I like these stories to be followed in dotted lines, from month to month, like so many colonies of ants that walk the furrows of my brain.
A continuous infusion, a semiotic fluid in which I am immersed, dotted with some epiphanies: V for Vendetta, Ikkyu, Den.
As in comics, literature or music, I love everything, everywhere, genre, style, form, an eclectic intoxication: Otis Spann, Alan Moore, Albert Camus, Jeff Noon, Pavement, Taiji Matsumoto, Colin Stetson, Ernesto Sabato, Bruce Springsteen, Warren Ellis, Jason, Lovecraft, William Blake, Edward Austin Abbey, Mignola, The Cure, Jordi Bernet, Corben, Joy Division, Jaime Hernandez, Darwin Cooke, Sonic Youth, Richard Wagner, Richard Strauss, Ales Kot, Dostoïevski, Mazzucchelli, Sienkiewicz, Bisley, McKean, Ian Banks, Thomas Pynchon, Poe, David Mitchell, Moorcock, Rick Rememder, Chris Ware, John Burnside, Silas Hogan, Charles Burns, Hannu Rajaniemi, Kafka, Otomo, Moebius, Giraud, Leonard Cohen, Pratt, Tardi, Sonny Boy Williamson, Damazio, Jean-Philippe Jaworski, Bill Watterson, Thelonius Monk, The White Stripes, Pulp, Bruno Schultz, Led Zeppelin, Scarlatti, Constantin Cavafis…
It’s exhilarating. An endless list that changes at any time and that I can make over and over again.

In the workplace though, it complicates everything. Especially when you make yourself a comic book publisher. Carabas was born in 1999 with the project to publish Leela & Krishna by Georges Bess.

And then there was chaos: revolutionary underground comics, contemporary blues, space and musical adventure, a Norwegian calles Jason who settled in Montpellier on the Mediterranean coast, opportunist projects, translations – Ashely Wood’s memorable Popbot, a little manga because everyone made one… an eccentric publishing UFO.
Lots of meetings, lots of friends, some of whom are here today.
But after 10 years, the situation was hard: economically unbearable, many incredible yet hard to find books. Since then, Carabas has refocused, just a book from time to time with friends.

In the meantime, I have turned to the press – mainly for a young audience, under license, because it’s still the fastest way to get some notoriety.
Then in 2012, it was the beginning of the Semic adventure. First with Marvel and then with Studio Ghibli. I have moved away from paper for resin, vinyl, textiles… in order to create derivative products of all kinds, on all supports, in all forms: from mugs to statues, from key rings to piggy banks, from paintings to stuffed animals…
Lots of new experiences, new jobs to learn, and always lots of people to meet!

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The first Carabas album to win an award in Angoulême!

Why so Gryyym ?

Well, Gryyym is an opportunity to come back to stories and books. In a new way, with several people, even together I would say. An horizontal association of seasoned professionals.
Gryyym is the publisher, not a man behind his desk.
Gryyym in the service of Gryyym, stories inside Gryyym.
A different way of publishing, of putting artists at the centre and the rest around.
It changes a lot, this reversal of perspective. And it’s less lonely.

Also with Gryyym, I am satisfying an old desire: a comic strip adventure review. From comics to cool daddy, rock’n’ roll that we don’t know or don’t want to do on this side of the Atlantic. A genre and a form a little moribund, a little old-fashioned, but which sounds so right, an endless mug of a tipped yet deeply satisfying beer.

And then it’s the opportunity to build a hut in the shade of Corben. A grinning totem pole that has been with us for quite some time.

Jérome en interview à la boutique éphémère Ghibli, qu’il tient tous les ans à Paris.

And what do you do in Gryyym?

I fix, I ease up, I polish.
Figures, legal and administrative stuff, manufacturing.
Exchanging, observing, listening, staying the course.

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Your favorite horror comic?

BPRD. Without hesitation.
An apocalyptic fresco of unprecedented scale. A gooey, terrifying despair that goes as much through the moods of the office agents – through little stories of a daily life that derails into nightmare – that easily goes epic, up to downright mythological. Dead people we can’t forget and monsters we’d do anything to forget. The Earth splits and men, civilizations disappear, engulfed by creatures the size of a continent.
And above all with seriousness and total commitment. There is (sometimes) humor, but the guys are total believers of their stories and characters. No one ever giggles over your shoulder, no distance, no mockery. This is beneficial.
Graphically, between Guy Davis’ vibrant and disturbing horror and Laurence Campbell’s tragic darkness, it is absolute happiness.
And it’s been going on for 17 years.

I have to add Hellblazer. God save John Constantine!

More recently Redland (Bellaire, Del Rey), three witches in the sticky south, three powerful women sinking.
And also the terrifying adaptation of Lovecraft’s hallucinated Mountains by Gou Tanabe. He succeeds in the unspeakable.

Among all the people to whom I would like to say « thank you », I would especially like to thank David Lloyd and Tommy Lee Edwards. We didn’t know each other 20 years ago when they agreed to participate in the first « Vampire » collective published by Carabas. And now 20 years later, they are still there.

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L’équipe Gryyym : Joseph Lacroix

1 Comment
Joseph Lacroix, autoportrait en non-mort.

Peux-tu te présenter ?

Je suis l’ « Encyclopédie du mal » avec Grégory Maklès, « Pythons » avec Gabriel Delmas, « Diablo 3, Sword of justice » avec Aaron Williams, « Fébus » avec Catmalou, une partie du « livre de Tyrael » et d’autres ouvrages liés à Diablo ou World of Warcraft et des centaines de dessins qui s’amoncellent, débordent et qui réclament un peu de liberté.

Que fais-tu dans Gryyym ?

Je fais le zouave entre Gabriel, Greg et Jérôme. Je combat ma timidité en débusquant et en essayant de convaincre des artistes de tous horizons de venir nous rejoindre. Je bidouille sur la com. Et je dessine aussi le Grenouillard. C’est une BD sauvage qui fera parti du contingent dark fantasy dans GRYYYM.

Et pourquoi Gryyym ?

Bon, ce qui m’intéresse dans « GRYYYM » c’est de créer un espace d’expression et d’expérimentation libre.

Il est devenu extrêmement difficile de publier de la BD en France. Du coup on passe beaucoup de temps à monter des dossiers avec la peur au ventre… des milliers de pages qui disparaissent dans les limbes des correspondances entre auteurs et éditeurs.

Je veux une démarche inverse dans GRYYYM : dessiner avec ses tripes, avec audace. Des personnages forts, des univers exubérants, des récits acérés. Pas de chichi pas de Blabla. Du dessin qui s’assume, des histoires qui bousculent.

Laissons les lecteurs décider.

Quelle est ta BD d’horreur préférée ?

Si je dois en choisir qu’une : « Jenifer » de Bernie Wrightson. Tou y est : de la virtuosité au service du récit et la preuve qu’en peu de pages on peut provoquer des émotions réelles. J’ai aussi une passion graphique pour « Grave undertaking » d’Alex Toth que j’ai traqué pendant de longs mois. Et « Sanctum » de Mike Mignola, parce que Mignola.

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